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Le 3 janvier 2026, les États-Unis frappent le Venezuela. M. Donald Trump justifie l’opération au nom de la lutte contre le narcotrafic et de la stabilité régionale. Il n’invente rien : ces mots forment le lexique ordinaire de l’intervention américaine en Amérique latine.
Le 3 janvier 2026, les États-Unis frappent le Venezuela. M. Donald Trump justifie l’opération au nom de la lutte contre le narcotrafic et de la stabilité régionale. Il n’invente rien : ces mots forment le lexique ordinaire de l’intervention américaine en Amérique latine.
2️⃣ Présentée comme une réponse à une urgence sécuritaire, l’attaque s’inscrit en réalité dans une séquence longue, patiemment construite. Sanctions économiques, blocus pétrolier, démonstrations navales : la guerre n’a pas commencé avec les frappes, mais avec l’asphyxie.
3️⃣ Washington se prévaut aujourd’hui du chaos vénézuélien pour intervenir. Mais ce chaos n’est pas un phénomène spontané. Il est le produit d’années de coercition économique visant explicitement à délégitimer toute alternative politique qui refuserait l’alignement.
4️⃣ Dans ce récit, M. Nicolás Maduro tient le rôle commode du responsable unique. Personnifier le conflit permet d’effacer les structures : les intérêts énergétiques, les routes maritimes, les rivalités géopolitiques et surtout la place croissante de la Chine en Amérique latine.
5️⃣ Ce qui se joue n’est pas la chute ou le maintien d’un régime mais la réaffirmation d’un principe ancien : l’Amérique latine demeure un espace où les États-Unis s’autorisent à décider du seuil acceptable de souveraineté.
6️⃣ La doctrine n’a rien de nouveau. Formulée au 19ᵉ siècle, durcie début 20ᵉ et recyclée aujourd’hui sous un vocabulaire technocratique de « sécurité nationale », la logique reste identique : empêcher toute puissance concurrente de s’implanter durablement dans l’hémisphère.
7️⃣ Le Venezuela concentre précisément ce que Washington entend neutraliser : des ressources stratégiques, une position géographique clé et une politique étrangère qui n’accepte pas de se réduire au rôle de fournisseur subalterne.
8️⃣ Les réactions internationales sont révélatrices. Les capitales occidentales, si promptes à invoquer le droit international lorsque leurs adversaires le bafouent, adoptent ici un silence « prudent » et complice. L’illégalité change de statut selon celui qui la pratique.
9️⃣ En Amérique latine, la fragmentation politique fait le reste. Certains gouvernements soutiennent l’opération ou s’en accommodent. D’autres préfèrent négocier, espérant sauvegarder leurs accords commerciaux et leurs exemptions tarifaires.
🔟 L’intervention américaine produit ainsi un double effet : elle affaiblit un État jugé indiscipliné, tout en rappelant aux autres le coût concret de toute tentative d’autonomie stratégique. Il ne s’agit pas seulement de punir, mais de dissuader.
1️⃣1️⃣ La question centrale n’est pas de savoir si le Venezuela est bien gouverné. Elle est de comprendre pourquoi ce jugement revient systématiquement à une puissance extérieure, qui s’arroge le droit de décider quand un État cesse d’être légitime.
1️⃣2️⃣ En ce sens, l’attaque du 3 janvier ne marque pas une rupture, mais une continuité. Elle rappelle que, malgré les discours sur un monde multipolaire, certaines pratiques coloniales n’ont jamais été abandonnées, seulement adaptées.
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