#Thread 🧵 : la séparation des eaux douces et des eaux salées — Miracle du Coran ou mirage ?
Dans ce thread, nous allons voir que ce "miracle" est en réalité un plagiat d'un mythe mésopotamien.
Dans ce thread, nous allons voir que ce "miracle" est en réalité un plagiat d'un mythe mésopotamien.
📌 Le Coran évoque à plusieurs reprises l'existence de deux mers que Dieu a séparées à l'aide d'une barrière (barzakh).
La première est composée d'eau douce et la seconde, d'eau salée.
La première est composée d'eau douce et la seconde, d'eau salée.
📌 On lit par exemple :
« Et c’est Lui qui donne libre cours aux deux mers : l’une douce, rafraichissante, l’autre salée, amère. Et Il assigne entre les deux une barrière et un barrage infranchissable » (25.53).
Mais que signifie exactement ce passage énigmatique ?
« Et c’est Lui qui donne libre cours aux deux mers : l’une douce, rafraichissante, l’autre salée, amère. Et Il assigne entre les deux une barrière et un barrage infranchissable » (25.53).
Mais que signifie exactement ce passage énigmatique ?
1⃣ Miracle ou mirage ?
🧷 Certains disent que le Coran fait allusion aux estuaires, ces zones de transition où un fleuve (eaux douces) se déverse dans la mer ou l’océan (eaux salées).
Du fait de leur densité en sel différente, ces deux eaux ne se mélangent pas instantanément.
🧷 Certains disent que le Coran fait allusion aux estuaires, ces zones de transition où un fleuve (eaux douces) se déverse dans la mer ou l’océan (eaux salées).
Du fait de leur densité en sel différente, ces deux eaux ne se mélangent pas instantanément.
🧷 L'eau douce étant plus légère, elle flotte sur l’eau salée, ce qui visuellement peut donner l’impression qu’il existe une sorte de « barrière » entre les deux.
Le terme technique pour désigner cette « barrière » est halocline.
Le terme technique pour désigner cette « barrière » est halocline.
📌 Pour résumer, la soi-disant barrière n'est présente que dans une minorité d'estuaires et seulement de façon illusoire car il y a bel et bien un mélange sous la surface.
En réalité, la barrière dont parle le Coran fait référence à un mythe bien connu dans l'Antiquité...
En réalité, la barrière dont parle le Coran fait référence à un mythe bien connu dans l'Antiquité...
📌 Le "Poème de la Création", d'origine babylonienne, raconte l'histoire de l'accouplement entre Tiamat femelle, qui représente l'Eau salée de la future Mer, et son mâle Apsû, l'Eau douce de la future nappe souterraine.
La suite de l'histoire est un peu gore...
La suite de l'histoire est un peu gore...
📌 D'après ce mythe fondateur, donc, cohabitent dans l'univers des eaux supérieures (salées), et des eaux inférieures (douces).
Cette conception a été reprise un peu partout au Proche-Orient, mais en inversant la répartition eaux salées/eaux douces.
Cette conception a été reprise un peu partout au Proche-Orient, mais en inversant la répartition eaux salées/eaux douces.
📌 En gros, pour les Sémites, le ciel renfermerait un océan d'eau douce (d'où sa couleur bleue) qui déverse régulièrement une partie de son eau : la pluie.
De l'autre côté, il y a les eaux inférieures, qui sont salées et qui constituent nos mers terrestres.
De l'autre côté, il y a les eaux inférieures, qui sont salées et qui constituent nos mers terrestres.
📌 Les eaux inférieures et les eaux supérieures étaient vues comme étant séparées par le firmament du ciel, une structure solide créée par Dieu pour empêcher les eaux célestes de nous tomber dessus.
📚 On retrouve cette conception dans la Genèse :
"Dieu dit : Qu’il y ait une étendue entre les eaux, et qu’elle sépare les eaux d’avec les eaux. Et Dieu fit l’étendue, et il sépara les eaux qui sont au-dessous de l’étendue avec les eaux qui sont au-dessus de l’étendue".
"Dieu dit : Qu’il y ait une étendue entre les eaux, et qu’elle sépare les eaux d’avec les eaux. Et Dieu fit l’étendue, et il sépara les eaux qui sont au-dessous de l’étendue avec les eaux qui sont au-dessus de l’étendue".
📌 Le Coran reprend le mythe de la balance cosmologique dans le verset suivant sur la création du ciel :
« Et quant au ciel, Il l’a élevé, et Il a établi la balance » (55.7).
« Et quant au ciel, Il l’a élevé, et Il a établi la balance » (55.7).
📌 Cela est confirmé par le verset 55.20 :
« il y a entre elles [les eaux] une barrière qu’elles ne dépassent pas »
Comme le note Neuwirth, ce verset reprend le Psaume 104.8 : « Tu as posé une limite que les eaux ne doivent point franchir ».
« il y a entre elles [les eaux] une barrière qu’elles ne dépassent pas »
Comme le note Neuwirth, ce verset reprend le Psaume 104.8 : « Tu as posé une limite que les eaux ne doivent point franchir ».
3⃣ Le confluent des deux mers
On a vu que les deux mers dont parle le Coran sont en réalité les eaux terrestres et célestes, et que la barrière qui les sépare est le firmament.
Mais dans l'Antiquité, on croyait qu'il y avait sur terre un endroit où ces deux mers se rejoignent.
On a vu que les deux mers dont parle le Coran sont en réalité les eaux terrestres et célestes, et que la barrière qui les sépare est le firmament.
Mais dans l'Antiquité, on croyait qu'il y avait sur terre un endroit où ces deux mers se rejoignent.
📚 Dans l'Epopée de Gilgamesh, par exemple, on apprend qu’Outanapushtim habite « à l’embouchure des fleuves » (Tablette 11, v.195).
Or, dans la sourate 18, Moise dit à son valet qu'il souhaite atteindre "le confluent des deux mers" (v. 60).
Or, dans la sourate 18, Moise dit à son valet qu'il souhaite atteindre "le confluent des deux mers" (v. 60).
📌 Cela nous est confirmé de façon définitive par un détail intéressant : au verset 18.63, le valet dit à Moise :
« Quand nous avons pris refuge près du rocher, vois-tu, j’ai oublié le poisson ».
On comprend donc que vers le confluent des deux mers, il existe un rocher.
« Quand nous avons pris refuge près du rocher, vois-tu, j’ai oublié le poisson ».
On comprend donc que vers le confluent des deux mers, il existe un rocher.
📌 Et pour ceux qui se demandent comment on passe des mythes mésopotamiens au Coran, la réponse est toute simple : ces mythes étaient largement connus des juifs et des chrétiens qui les avaient repris à leur compte !
📌 De même concernant la relation entre le Coran et l'épopée de Gilgamesh : personne ne prétend que les auteurs du Coran lisaient les tablettes cunéiformes.
Par contre, l'Epopée avait influencé le "Roman d'Alexandre", une légende d'origine grecque sur Alexandre le Grand.
Par contre, l'Epopée avait influencé le "Roman d'Alexandre", une légende d'origine grecque sur Alexandre le Grand.
🔷 Conclusion :
🔸 La non-séparation des eaux est un phénomène marginal et illusoire ;
🔸 Le Coran ne fait pas de miracle ;
🔸 Il s'inspire en revanche d'un certain nombre de mythes et de textes du Proche-Orient.
🔸 La non-séparation des eaux est un phénomène marginal et illusoire ;
🔸 Le Coran ne fait pas de miracle ;
🔸 Il s'inspire en revanche d'un certain nombre de mythes et de textes du Proche-Orient.
Sources :
- M. Kennish, "Ecology of Estuaries. Volume 1 : Physical and Chemical Aspects"
- H. Toelle, "Le Coran revisité : le feu, l’eau, l’air et la terre"
- J. Bottéro & S. Kramer, "Lorsque les dieux faisaient l’homme. Mythologie mésopotamienne"
- M. Kennish, "Ecology of Estuaries. Volume 1 : Physical and Chemical Aspects"
- H. Toelle, "Le Coran revisité : le feu, l’eau, l’air et la terre"
- J. Bottéro & S. Kramer, "Lorsque les dieux faisaient l’homme. Mythologie mésopotamienne"
- G. Reynolds, "The Qur’an and the Bible"
- Id., "The Qur’an and Its Biblical Subtext"
- W. F. Albright, "The Mouth of the Rivers"
- T. Tesei, "Some Cosmological Notions from Late Antiquity in Q 18:60–65"
- A. Neuwirth, "Qur’anic Reading of the Psalms"
- Id., "The Qur’an and Its Biblical Subtext"
- W. F. Albright, "The Mouth of the Rivers"
- T. Tesei, "Some Cosmological Notions from Late Antiquity in Q 18:60–65"
- A. Neuwirth, "Qur’anic Reading of the Psalms"
- J. Decharneux, "Creation and Contemplation. The cosmology of the qur'ān and its late antique background".
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